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Cécile Fournier Les Couleurs de chez moi

Depuis toujours, je m’intéresse à l’architecture et à l’habitat.

J’ai fait des études d’histoire de l’art et consacré mon DEA à l’architecture de la maison individuelle avant de commencer un doctorat sur l’habitat écologique.
N’ayant pu terminer ce cursus pour des questions financières, je me suis tournée vers une formation d’étalagiste qui m’a permis de concilier une pratique artistique et manuelle. J’ai exercé ce métier, qui me plaisait beaucoup, dans un grand magasin de Perpignan pendant quelques années. Puis, je me suis trouvée au chômage.
À l’époque, je dépannais parfois des amis ou de la famille pour des petits travaux de bricolage et peinture. J’ai aidé ma sœur à rénover une ferme. C’est à cette occasion que j’ai découvert la technique de la chaux et des enduits naturels.
J’ai pris contact avec la Maison de l’emploi pour engager une démarche de création d’entreprise. Une formation aux métiers de l’économie sociale et solidaire m’a permis d’affiner mon orientation.

J’aime la nature, l’environnement, l’architecture, le contact avec les gens, les activités manuelles. J’ai arrêté mon choix sur le métier de peintre avec des matériaux naturels.
Une formation AFPA m’a permis d’acquérir des bases mais malheureusement pas dans le domaine qui me motivait, celui des enduits et badigeons naturels. J’y ai appris à faire des métrés, calculer des devis, travailler avec des peintures traditionnelles… En parallèle, je me suis formée par moi-même à la technique de la chaux, notamment grâce à un artisan spécialisé qui m’a transmis ses techniques et à divers stages. Mon CAP en poche, j’ai fait le choix de me mettre à mon compte en entrant en 2008 dans la coopérative.

Perspectives répondait à ma recherche d’entreprise avec des valeurs éthiques et à mon envie d’être autonome sans être seule. Grâce à Perspectives Bâtiment, j’ai profité pendant deux ans d’un encadrement technique. C’était rassurant.

La première année, j’ai généré un petit chiffre d’affaires ; et depuis deux ans, je réussis à vivre de mon activité. Au départ, je voulais mettre l’accent sur ma démarche écologique et un travail réellement artisanal. Très vite, je me suis rendue compte que ma clientèle, pour la plupart des particuliers, n’était pas toujours sensible à cette offre écologique ou que pour des raisons de coût elle se tournait plutôt vers les peintures traditionnelles. Je m’adapte donc, car j’ai à cœur de répondre à ses attentes. Je peux poser une tapisserie à fleurs si on me le demande ou de la toile de verre, souvent nécessaire pour les vieux murs.
Quand je finis mon chantier, que je retire les bâches de protection, je suis heureuse de constater que j’ai embelli les lieux. C’est comme une deuxième vie qui commence.
Je travaille avec de très bonnes peintures traditionnelles, mais j’utilise aussi des peintures et enduits écologiques, pour leurs qualités environnementales, pour le plaisir de leur préparation, de leur application et de rendus beaucoup plus sensibles. Dans ce cas, je prépare moi-même les teintes avec des pigments naturels.

J’adore cette étape où il faut touiller, chercher une couleur, manipuler des matières premières. Il s’agit de badigeons et enduits de chaux, d’argile ou de peintures et glacis écologiques… teintés d’ocres ou d’oxydes, talochés, lissés, brossés, ou roulés, ils apportent toujours le plaisir d’un contact chaleureux.
J’aime les gestes et les outils du peintre, même si le métier est physique et parfois fatigant. Prendre possession de l’espace, apprécier l’architecture d’un lieu me procure beaucoup de plaisir. J’aime aller à l’essentiel, ma démarche est plus architecturale que décorative.
Cela fait maintenant trois ans que je fais ce travail. J’ai expérimenté le “terrain”, la réalité et je veux continuer à répondre aux attentes de mes clients, mais aussi accentuer l’offre écologique. Je souhaite mieux communiquer et pour cela mettre en place un blog pour présenter mon travail et sensibiliser sur les questions d’environnement.
Ce qui me plaît beaucoup dans le métier de peintre, c’est de découvrir les intérieurs, d’entrer en contact avec des familles et de discuter avec elles des transformations à apporter : choix des couleurs, des matières, selon la lumière, les volumes, les usages.

Je suis toujours très heureuse de faire partie de Perspectives, j’y ai pris mes marques, et grâce au réseau, j’ai tissé des relations, fait des échanges. Le collectif est précieux quand on travaille seul.

J’ai su très jeune que je voulais être éducatrice et m’occuper d’enfants handicapés.

Pendant trois ans, j’ai travaillé dans un service d’éducation motrice accueillant des enfants polyhandicapés de 4 à 10 ans et ce travail me correspondait vraiment.
Après une formation de monitrice-éducatrice à Nîmes et l’obtention de mon diplôme, j’ai pratiqué dans plusieurs structures avec des publics ayant des handicaps différents. La formation m’a apporté des outils pour aller plus loin dans la connaissance des difficultés de ce public et j’ai acquis une analyse plus fine.
Par la suite, je suis intervenue auprès d’adolescents “difficiles”, vivant en foyer, avec des troubles du comportement et du caractère. J’ai été confrontée à leur violence.
Puis, je suis partie vivre cinq ans en Polynésie française et là-bas j’ai participé à la création d’un service d’écoute téléphonique d’urgence pour les enfants maltraités. J’y ai également pratiqué mon métier auprès d’un public de personnes atteintes de trisomie 21. Des expériences très différentes mais toutes très formatrices.
Ce qui me plaît dans ce métier, même si on est parfois confronté à la souffrance, à la violence, c’est qu’il est tourné vers l’humain.

Après 10-12 ans de pratique, je ne me sentais plus bien dans de grosses équipes au fonctionnement parfois très lourd, où tout le monde ne s’impliquait pas de la même façon. À mon retour de Polynésie, en 2007, j’ai éprouvé le besoin de pratiquer différemment mon activité.
Je me suis rendue compte que je faisais beaucoup de choses autour du corps, de l’image de soi, du bien-être, de l’esthétique. Le corps est au centre de beaucoup de problématiques. Le diplôme d’esthéticienne me permettait de mettre une nouvelle corde à mon arc et de pratiquer également des massages. Alors, je me suis jetée à l’eau, forte de ma pratique de monitrice-éducatrice et de ma nouvelle formation d’esthéticienne.
Dans les ateliers beauté que j’ai mis en place, je travaille sur la valorisation de la personne. J’ai trois cibles : les adolescents auxquels je propose des modules sur l’acné, l’épilation-le rasage, le maquillage, les tatouages, souvent à la demande de points info-jeunesse ; les adultes et les personnes du 3e âge auxquels j’enseigne des techniques de manucure, de maquillage, de soin visage, de relaxation ; et les établissements accueillant des publics à long terme dans lesquels je travaille sur l’estime et le dépassement de soi, un travail plus en profondeur toujours en relation avec l’équipe soignante.

J’aurais sûrement abandonné si je n’avais pas été soutenue par la coopérative. L’accueil chaleureux, l’écoute, les encouragements m’ont donné envie de m’accrocher à mon but. Du coup, je parle beaucoup de Perspectives autour de moi…

Après avoir été toutes ces années salariée, j’avais du mal à m’imaginer isolée dans mon métier. La coopérative m’a offert une dynamique, une écoute, un accompagnement administratif, de la formation et l’occasion de rencontrer des gens pratiquant des activités très différentes.
Je suis rentrée en avril 2011 à Perspectives, j’ai démarré très doucement. J’ai eu une petite fille il y a deux ans et je n’ai vraiment pu commencer à me consacrer à fond à mon projet que récemment. Il faut maintenant que je le consolide et le développe. J’ai beaucoup d’idées de publics à atteindre, j’aimerais pouvoir travailler le lundi avec les personnes âgées, le mardi avec des personnes ayant des addictions, le mercredi avec des personnes en situation d’exclusion, des personnes hospitalisées en psychiatrie…
Je suis curieuse des gens et de ce qu’ils ressentent.

Mon problème, c’est peut-être de vouloir faire trop de choses, car cela m’oblige à créer des outils pour chaque public et prend beaucoup de temps.
Je dois encore améliorer ma communication, je manque un peu d’assurance là-dessus, même si je sais parfaitement ce que je veux faire.
Dans l’immédiat, je prépare un projet d’intervention dans un centre d’accueil de jour thérapeutique pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.
J’ai aménagé chez moi une petite cabine qui me permet de recevoir des personnes individuellement pour des massages ou des soins esthétiques.
Parallèlement, j’ai choisi de pratiquer bénévolement mon activité dans une association qui accompagne des femmes atteintes de cancer. Cela me renforce dans mon choix professionnel et me fait vivre des moments très forts d’échanges.

Ce qui me plaît dans ce métier, c’est qu’il est tourné vers l’humain. Après avoir été toutes ces années salariée, j’avais du mal à m’imaginer isolée dans mon métier. La coopérative m’a offert une dynamique, une écoute…

Parisien d’origine, j’ai fait des études d’ingénieur en agroalimentaire. J’ai été amené à travailler dans de grosses entreprises à Lyon, Toulouse, La Rochelle, en Afrique et pour finir à Perpignan.

J’étais chargé, dans ce dernier poste, de la recherche et du développement de nouveaux produits dans le domaine des salades en sachet.
J’ai alors décidé de monter ma propre entreprise en informatique. C’est un domaine que j’ai beaucoup pratiqué dans mes différents emplois, que ce soit la programmation, la mise en place automatismes, etc.
J’ai donc proposé des logiciels spécifiques pour l’agroalimentaire. Mais, j’ai dû interrompre cette activité pour des raisons familiales. J’ai alors répondu à l’offre d’un client qui avait une importante société de motoculture et de traitement des espaces verts avec une clientèle de très grosses entreprises. J’y suis resté huit ans comme salarié. Je m’occupais aussi bien de la partie commerciale que de la gestion.

Cette société a fermé en 2011 lorsque son responsable a pris sa retraite. Avec un de mes collègues, nous étions prêts à racheter l’entreprise, mais son directeur était trop gourmand.
Nous avons donc attendu un an et nous avons monté, Jean Parra et moi-même, notre propre activité dans ce secteur. À la Chambre des Métiers un conseiller, voyant que nous étions intéressés par la forme coopérative, nous a orientés vers Perspectives.
Après un an et demi, l’activité est saine et se développe bien. Notre secteur d’activité est au départ la motoculture, en particulier la maintenance et la réparation, ainsi que la vente de matériel.

Dès le départ, nous envisagions un projet de ce type. Nous voulions créer une entreprise qui devienne pérenne et la coopérative était la meilleure formule.

On est donc entré tous les deux dans Perspectives avec un contrat CAPE. Nos indemnités de licenciement et le chômage nous ont permis de démarrer sans retirer de salaire mais en constituant un bon outil de travail : local sur la zone artisanale d’Argelès, outils, informatique…
Je suis maintenant salarié et mon collègue le sera prochainement. Nous avons récupéré une partie de la clientèle de notre ancien employeur et avons pas mal de clients parmi les viticulteurs de la région de Collioure-Banyuls et les campings. Pour équilibrer l’activité sur l’année, la motoculture étant saisonnière, nous avons rajouté l’installation de systèmes d’arrosage automatique, des activités en espaces verts. Nous faisons aussi des réparations pour tous les appareils électro-portatifs (perceuses, marteaux piqueurs, disqueuses…) qui nous amènent une clientèle d’artisans et de clients de grandes surfaces avec lesquelles nous avons passé des contrats de maintenance.
On arrive ainsi à lisser le chiffre d’affaires sur l’année. La plus grosse partie de nos revenus est générée par le service.

Mon collègue Jean a d’excellentes compétences en motoculture, il est depuis trente ans dans ce domaine ; et moi de bonnes connaissances en électricité, électronique et électro-technique. Notre complémentarité fait notre efficacité. Nous réparons rapidement et c’est précieux pour nos clients. Nous envisageons de développer l’activité vers la réparation de gros matériel d’espaces verts et pour cela nous envisageons de prendre un second local près du nôtre.
Sans Perspectives, je ne vois pas comment on aurait fait. Le dispositif du CAPE est parfaitement adapté à notre projet. Dans la coopérative, nous sommes un peu atypiques car nous faisons en plus de nos devis, nos factures et nous gérons par un logiciel notre stock, nos ventes… Tous les quinze jours j’amène nos rentrées et je récupère sur notre trésorerie les avances pour frais nécessaires à notre fonctionnement.
À ce jour, nous n’avons aucun crédit, notre chiffre d’affaires progresse bien, mais il faut un peu de temps pour avoir la certitude que l’activité est durable et, ce temps, Perspectives nous le donne. Nous allons rester dans la coopérative en tant que salariés et, d’ici quelques temps, nous monterons notre propre coopérative avec l’idée de former un ou deux apprentis, qui pourront poursuivre après nous. Transmettre notre savoir-faire est très important pour nous.

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Stéphane Lavit

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Jean Parra

D’origine bretonne, je suis né à Paris, j’ai 43 ans. Je suis reporter multimédia, c’est-à-dire rédacteur, photographe, vidéaste, auteur. Je suis aussi animateur de conférences ou de débats, j’interviens comme formateur dans les écoles de journalisme et dans les entreprises ou collectivités en conseil et stratégie de communication.

Je me suis lancé en 1990 dans la profession de journaliste après un DUT obtenu dans une école de Bordeaux, j’avais 22 ans. Installé en Aquitaine, j’ai commencé par travailler pour la presse quotidienne régionale, notamment à “Sud-Ouest”. Spécialisé dans les questions agricoles, j’ai élargi mon périmètre d’investigation en voyageant un peu partout dans le monde. Cela m’a permis d’avoir un regard neuf sur des sujets de tous les jours et d’enrichir mon univers professionnel.
J’ai commencé assez vite à travailler pour des journaux nationaux et internationaux.
C’est en arrivant dans la région en 2006 que j’ai concilié ma passion du vélo en m’ouvrant au journalisme sportif. Je réalise des reportages photos et j’écris des articles pour une revue Belge spécialisée. J’envisage de nouvelles collaborations avec des journaux étrangers. J’aime bouger et cette activité me donne de belles occasions de le faire.
Aujourd’hui, le journalisme n’est plus ce qu’il était et la profession telle qu’elle est pratiquée ne me convient plus tout à fait. Ce qui me plaisait c’était d’être sur le terrain, de rencontrer des gens dans un face à face… Ce qui se pratique de moins en moins.

Le travail se passe maintenant beaucoup au téléphone. Je ne me reconnais plus dans la façon dont la plupart des journaux traitent l’information. Jusqu’ici, j’ai pu protéger mon intégrité, mais est-ce que je vais pouvoir continuer à y parvenir ?
Cela m’a amené à me diversifier et à imaginer de nouvelles façons d’exercer mon métier. Je mets à profit ma méthodologie dans la recherche documentaire et mon savoir professionnel pour proposer d’animer des débats ou des séminaires. Cela me permet d’être dans une médiation directe avec le public, une expérience qui m’intéresse beaucoup. Je mets également en place un travail de consultant pour les activités sport-nature auprès des collectivités locales : études de moyens, préconisations et stratégie-marketing. J’envisage aussi de mettre mes savoirs à disposition d’un plus large public à travers des formations, permettre par exemple à un commerçant de mieux communiquer en ayant un blog bien fait, à gérer intelligemment sa présence sur les réseaux sociaux… Aider les gens à réfléchir, à construire un projet et à adapter des techniques à leurs besoins, cela fait partie de mes compétences.

La coopérative… j’y suis venu naturellement. Intéressé par la question sociale, j’ai passé de nombreuses heures dans le monde associatif et syndical du milieu journalistique. La coopération c’est aussi une structure que j’ai largement côtoyée dans le monde agricole.

Sachant que le journalisme finirait par se tarir et que la sécurité matérielle ne serait plus assurée avec cette profession, j’ai réfléchi à l’évolution de mon statut et la coopérative m’est apparue la formule la plus en adéquation avec mes idées.
Perspectives héberge mon travail de journaliste avec la presse étrangère, mes prestations de consulting, de formation ainsi qu’un volet communication institutionnelle qui fonctionne bien.

Je suis dans une démarche de consolidation de mes différentes activités même si les domaines d’interventions sont parfois très éloignés. Je travaille sur ma communication à travers des sites que je suis en train de mettre à jour et puis il y a le réseau que j’entretiens et qui compte aussi beaucoup.

Depuis un an à Perspectives, je souhaite ne pas me contenter d’utiliser la coopérative comme un service mais pouvoir y participer en devenant associé.


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